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et
The DOMESTICS
au
Lille, les 12 & 19 mars 2003.
Invité par Vince de RockAlame, LOTUS semblait à l'étroit
sur la petite scène du Biplan. L'espace vital était occupé
au maximum, les places dans la salle aussi. Deux guitares, une basse, une
batterie cachée dans un coin et un grand pantin souvent désarticulé,
s'entassaient tant bien que mal sur l'alcôve et une dure lumière orange complétait
le tableau. Peu de place pour d'éventuels jeux de scène donc.
Et pourtant… LOTUS fait dans un rock français frisant parfois avec
la chanson française à tendance pop. Mais aussi dans un rock
français dérapant franchement dans des morceaux musclés
à tendance punk où LOTUS s'épanoui pleinement pour le
plus grand plaisir des yeux et surtout des oreilles. L'espace musical à
l'image de l'espace physique était également très bien
rempli. Un peu réservé sur les traditionnelles chansons rock-pop-françaises
bien de chez nous, je ne pu m'empêcher d'admirer la puissance et l'énergie
aussi bien physique que sonique de certaines compos qui animaient le concert.
Dessus, le chanteur approchait l'expression corporelle, emballant les minettes
du premier rang, s'affalant sur elles pour leur plus rand plaisir j'espère.
Derrière, le guitariste solo maudissait sans doute son mètre
carré d'espace vital, l'empêchant de s'exprimer pleinement,
physiquement j'entends car musicalement, il était visible qu'il prenait
son pied à caresser et à pincer les cordes de sa guitare.
A l'opposé, un bassiste non statique tentait parfois d'empiéter
sur le territoire d'un autre guitariste relégué comme les mauvais
élèves au fond. Il n'était pas tout seul, dans un coin,
comme puni, le batteur passait sa rage de cette injustice sur ses fûts.
Et au centre, le grand escogriffe déhanché et déglingué,
aspirait à vivre sa musique et ses paroles. Tout un programme, ses
ambitions, sexuelles entre autres étant affirmées avec force.
En final, une gratte sèche caressée par le chanteur se transforma
en une ballade qui sans que je sache pourquoi, m'a rappelé Ode à
Emile d'ANGE. On reste dans le rock français mais pas n'importe lequel.
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Huit jours après, retour au Biplan pour un jeune groupe lillois élevé
aux PIXIES.... C'est le petit monde de la pub qui s'était donné
rendez vous pour voir les DOMESTICS se faire croquer
par le crayon d'Aurore au petit matin…. Pour le petit matin, c'est raté,
c'est Bush le gland nabot de service, qui en guise d'aurore, a joué
avec ses tomahawks, j'attends les Al-Samoud....
La salle était bien remplie pour un premier concert. La formation,
un trio, basse, guitare, batterie et trois micros, s'inscrit dans la continuité
des PIXIES voire des CURE pour les lignes de basse et d'autres oubliés
du monde perdu de la New Wave des 90's. Mais curieusement, les reprises des
PIXIES offertes en pâture à un public qui les attendaient et
en redemandaient, m'ont paru fades et mal venues dans ce concert où
les compos personnelles mêmes parfois fortement empreintes de ce son
nineties, flirtent sans vergogne avec le punk. Mais pas un punk tendance
destroy ou ska-festif comme cela devient trop souvent de règle actuellement,
mais un punk rock tendance rock. Et c'est là que réside la
force des DOMESTICS. Dès qu'ils s'affranchissent du carcan d'une New
Wave trop souvent entendue, trop FM aseptisée, leur musique s'envole,
se croque avec délice (se dessine aussi) et offre aux musiciens des
espaces de libertés seulement limités par le chant. En effet,
trois musiciens, trois chanteurs compliquent terriblement les choses. Non
pas qu'ils chantent faux, mais jouer et chanter en même temps les empêchent
de s'exprimer pleinement et freinent leur dérapages punks, style dans
lequel ils excellent. Emmenés par un bon batteur nerveux qui frappe
fort ses toms, le bassiste n'hésite pas à répondre à
coup de scuds faisant mouche tandis que le guitariste colore l'ensemble par
des solos ou des riffs qui sans être toujours originaux, sont d'une
redoutable efficacité. Un chanteur ou mieux, une chanteuse, apporterait
beaucoup en y ajoutant le soupçon de rage qui manque parfois. Et libèrerait
sans nul doute les DOMESTICS de leur maîtresse, cette New Wave
dont les limites créatrices ont été trop souvent mis
en évidence et surtout ont vieilli au point de bientôt faire
partie de l'archéologie du passé récent. Que reste t-il
des 90's ?
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Frédéric Loridant
mars 2003
info@photorock.com
Frédéric
Loridant ©2003